Le Pape Jean XXIII, en 1962 met en place Vatican II qui aura pour finalité l’œcuménisme. Des échanges intra-religieux et inter-religieux sur « le Patrimoine spirituel » débutent avec les Juifs d’abord, se poursuivent ensuite avec les Musulmans. Après tant de siècles de dissensions et d’inimitiés entre chrétiens et musulmans, le Concile les exhorte à oublier le passé et à s’efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle. Il recommande à chacun de travailler ensemble pour un monde meilleur, à valoriser et promouvoir la justice sociale, la morale éthique, la paix et la liberté entre les peuples selon la volonté du même Dieu.
Le texte de Vatican II se présente ainsi : “… Le destin du salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui professent avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu Unique Miséricordieux, et honorent tous les prophètes…”(1). Le texte de La Déclaration sur les relations de l’Eglise avec les religions non-chrétiennes affirme : “L’Eglise regarde aussi avec estime les musulmans qui adorent le Dieu Un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu’il ne connaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu réttribuera tous les hommes ressuscités. Aussi ont-il en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne.
La réalité est tout autre sur le terrain, les musulmans ne se sentent pas compris, pas reconnus dans “ce patrimoine spirituel” de l’humanité. L’islam est jugé sévèrement par ses sœurs ainées. Même si les recherches modernes sont de plus en plus objectives, il n’en demeure pas moins qu’elles sont très peu connues du public. L’Islam se présente par sa descendance spirituelle d’Ismaël, comme l’ “exclu” de l’héritage d’Abraham mais lui confère une place de dernière religion révélée avec le défit qu’aucune autre nouvelle religion n’adviendra après Muhammad. Celui-ci, appelé le sceau des Prophètes. Ce peuple laissé sans message depuis Ismaël, lui vaut d’avoir repris sa revanche par l’extraordinaire expansion civilisatrice des sciences. Le “fait coranique“, disait Régis Blachère : “a déclenché et entretenu des bouleversements politiques et sociaux, des évolutions intellectuelles et morales, des spéculations scientifiques et religieuses“. Sa situation géographique dans la péninsule arabique lui procure l’expérience primordiale de l’assimilation de maints apports culturels antiques qui lui confère une place privilégié de religion universelle malgré ses rivales intransigeantes juifs et chrétiens, au demeurant, réfractaires à son message.
D’où vient la difficulté d’un dialogue entre chrétiens et musulmans ?
Certains ouvrages d’apologétiques musulmanes qui traitent du christianisme entreprennent fréquemment de réfuter le dogme chrétien, mais il existe aussi d’autres œuvres qui soulignent avant tout les similitudes et les points de ralliement.
La Loi prêchée par Jésus n’est pas mise en cause. Aux yeux du musulman, l’obstacle premier à un véritable dialogue vient d’un refus des chrétiens.
“Voyez, dira le musulman, nous vénérons Jésus comme un très grand prophète, nous tenons l’Évangile pour Loi révélée ; pourquoi à votre tour n’admettriez-vous pas que Muhammad fut prophète et le Coran une Loi prophétique ? Nous ne demandons pas aux chrétiens de n’être plus chrétiens, nous demandons d’accorder à notre Prophète et à notre Loi la même compréhension dont nous témoignons à l’égard de leur Prophète et de leur Loi.”
De même que le judaïsme refusa la mission de Jésus, de même les chrétiens récusèrent la mission de Muhammad. Je passerai sur les multiples références coraniques annonçant dans la Torah et l’Évangile, la venue de Muhammad. Vous les trouverez aisément. Je soulignerai en revanche, en rapport avec l’accusation faite par les musulmans d’une “manipulation” des Écritures. Les musulmans s’appuient sur des réponses toutes faîtes que le Coran procure sans en faire la recherche. Ce terme est traduit, par toute une tradition, par “falsification” des Écritures. Il est important de porter à la connaissance de tous, musulmans inclus, qu’il existe une autre tradition musulmane, avec d’autres commentateurs, qui reconnaissent comme authentiques les textes en l’état actuel de la Torah et des quatre Évangiles :
Al Ghazali (2) et plus étonnant encore, Ibn Qayyim (élève d’Ibn Taymyya et précurseurs des salafiyya), ainsi que de nombreux auteurs contemporains entendent “manipulé” au sens métaphorique d’”interprété”. Cette attitude à partir d’une base commune du texte reçu des Évangiles, fut celle des plus éclairés des apologistes musulmans.
Al Ghazâlî dans son œuvre le Qustâs, écrit : “Si l’on te demandait, par exemple, de réciter au lieu de la shahada du musulman, celle-ci qui n’est pas coutumière “point de divinité, si ce n’est Dieu; et Jésus est l’Envoyé de Dieu”, tu récrierais en disant que c’est la formule des chrétiens… Et pourtant cette formule est vraie, et le chrétien n’est détestable ni à cause d’elle ni à cause de ses autres articles de foi, sauf deux ; l’un : Dieu est le troisième de Trois, et l’autre : Muhammad n’est pas un Envoyé de Dieu ; car tous les autres sont vrais.”
Dans une autre oeuvre “al Radd al-jamil, Al Ghazzâlî réfute la divinité de Jésus en s’appuyant directement sur l’exégèse de six passages des Evangiles :
“Dans les deux premiers, dit-il (Joa., 10, 30 et 17, II), Jésus semble se dire Un avec le Père, donc Dieu; dans le troisième (id., 17, 16-18), il se présente à la fois comme homme et comme Dieu; dans les trois autres (Joa., 17, I-3 et 8, 39-49; Marc, 13, 32), il se présente à la fois comme moindre que le Père, et donc comme un homme.“
L’argumentation ici de Ghazzâli est de démontrer que les trois derniers, seuls sont de valeur objective. Les trois premiers ne sont que l’expression d’un état d’union mystique de rare intensité, et que Jésus, par un privilège prophétique n’appartenant qu’à lui, avait, seul entre tous les Prophètes et les saints, le droit de formuler ainsi. Mais Jésus n’a aucunement voulu enseigner ce que les chrétiens appellent le hulûl, que al Ghazzâlî définit comme l’union des substances (divine et humaine)(3) ; Ainsi sa “réfutation” est avant tout un désir de dialogue entre musulmans et chrétiens. L’ouvrage insiste sur la foi en Dieu, commune à l’Islam et au christianisme et sur les valeurs religieuses et humaines que les deux religions se doivent de promouvoir dans un monde matérialisé contemporain. Les différences “dogmatiques”, sans être minimisées, sont mises au second plan.
En cela, al Ghâzzalî et d’autres après lui s’efforceront d’entendre en un sens, le monothéiste de la Trinité chrétienne (eh oui vous ne rêvez pas !). “Les “Trois Personnes” ne sont que “différents aspects” de l’unique Essence divine : “Le Père comporte donc la notion d’Existence, le Verbe ou Fils, celle de Connaissant, le Saint-Esprit le fait que l’Essence du Créateur est connue.” Une autre traduction dans un contexte de philosophie aristotélicienne : “le Père est l’Essence divine, (l’Intellect pur); le Fils ou Verbe (l’Intelligence en acte); le Saint-Esprit, l’Objet connu(4). Selon lui, ces formulations n’ont rien à voir avec le problème de la divinité de Jésus(5).
On sera encore étonné quand Ghazâlî semble avoir fait sienne une tendance shi’ite qui envisage la crucifixion de Jésus comme crucifixion réelle (mort du corps); elle ne serait cependant, comme le Coran l’indique, qu’une apparence, puisque l’âme en état d’extase aurait aussitôt rejoint Dieu (6).
L’Évangile de Jésus est Parole divine, oui ! Mais pas l’Évangile lu et interprété (“manipulé”) par les docteurs des Églises chrétiennes. Paul d’abord, les Conciles et le développement historique des Églises aux yeux des musulmans, ne sont qu’interprétations humaines. C’est dans ce cas-là, et seulement dans ce cas seul, que le Coran à maintes reprises, les condamne sévèrement. Je ne parle donc pas ici des polémistes, la plupart musulmans du passé ni de la foi populaire d’ aujourd’hui qui pensent que ces chrétiens se sont détournés du salut promis aux croyants et de ce fait leur foi n’est plus une foi salvatrice. La cause résulte d’une méconnaissance des écrits classiques musulmanes et des études modernes orientalistes sérieuses telles celles de Massignon, W. Montgomry Watt, Tor Andrae, Miguel Asîn y Palacios, Lammens, Rogez Arnaldez, Jacques Berque et de tant d’autres.
Il est intéressant par exemple de voir un penseur musulman comme Al Ghazzâlî s’interrogeant sur les chrétiens byzantins (rûm) de son époque, en déclarant :”que la plupart d’entre eux sont englobés dans la Miséricorde divine”. Il établit ainsi trois cas(7):
a) ceux qui n’ont pas entendu parler de la prophétie de Muhammad : ceux-là sont excusés, cela signifie qu’ils auront le salut s’ils restent fidèles à leur Loi;
b) les voisins des terres musulmanes, ou qui même vivent mêlés aux musulmans, qui ont entendu parler de Muhammad et n’ont aucun motif de ne pas admettre sa prophétie et ses miracles, mais qui ont refusé cet appel ou ne se sont pas souciés d’en examiner la portée et la valeur : ce sont les infidèles (à rapprocher de Kafirûn : occulter la vérité, dénégateur, selon la traduction de Jacques Berque), qui ont dévié de la ligne droite;
c) ceux enfin auxquels est parvenu le nom de Muhammad, mais qui, depuis leur enfance, l’ont entendu traiter de faux prophète : “ceux-ci, à mon avis, sont dans le premier cas”. Car les mensonges dont on les a abreuvés au sujet de Muhammad ont faussé leur jugement sans que cela soit de leur faute. Cet état de choses ne leur permette plus d’enquêter sur le bien-fondé de la religion musulmane. “
Il va même encore plus loin : “A supposer enfin qu’un homme entreprenne cette recherche en tout loyauté : s’il meurt avant d’avoir atteint la vérité complète, il sera pardonné lui aussi, et bénéficiant de la vaste Miséricorde d’Allah.”
Enfin il conclut : “Elargis donc la Miséricorde du Très-Haut, et ne mesure pas les choses divines aux étroites mesures officielles.”
C’est plus particulièrement dans ce même esprit que les réformistes modernes (de la nahda), suivis des réformistes actuels du monde musulman, ont commenté ce texte en référence au Coran II:62. Rashid Ridâ(8), élève de Mohammed ‘Abdou(8) reconnaît, avec une parfaite symétrie, les différentes communautés croyantes : “Pas de problème pour ne pas ne pas faire de la foi en Muhammad une condition (de la vrai foi). Car le discours coranique porte sur la façon dont Dieu traite chaque secte ou communauté croyant en un prophète et une révélation, en particulier toute religion qui pense que son salut dans l’Au-delà serra assuré parce que musulmane, juive, chrétienne ou sabéenne, par exemple. Or Dieu dit que le salut ne sera pas le fruit des “races religieuses”, mais uniquement le fruit de la foi authentique et de son emprise sur l’âme, et des œuvres qui améliorent la condition des hommes (…). Les adeptes des religions divines, -ceux que la prédication d’un prophète a touchés sous son vrai jour (…), s’ils croient en Dieu et au Dernier Jour selon le mode authentique de croire qu’à exposé leur prophète, et s’ils accomplissent les bonnes œuvres, ceux-là seront sauvés et récompensés auprès de Dieu. Mais s’ils croient selon un autre mode, non authentique (…), ils n’obtiendront rien de ce qui a été promis. Il recevront au contraire le châtiment dont d’autres versets les menacent. Tel sera également le cas de ceux qui croient en parole, mais sans les œuvres.” Cela veut dire si un chrétien est sauvé, ce n’est pas son appartenance à une Église, mais sur sa fidélité à la vraie parole de Jésus, celui-là est par cette évidence, tout proche de la foi musulmane authentique”.
Du temps d’Abraham, il n’y avait ni juifs, ni chrétiens, donc pas de “races religieuses”. La vrai foi est celle d’Abraham (hanif), et il n’était ni juif ni chrétien, et il n’était absolument pas un associant (Surat III : 67) ! Peu importe en définitive, les diverses expressions de l’adoration du Dieu Un, à partir du moment où les exigences morales et sociales que demande la foi foncière, sont respectées. C ‘est pourquoi il est souhaitable -en résurgence même- que chacun entendent la parole de l’autre et la reçoive en leur cœur, si bien évidemment “aucun obstacle insurmontable ne l’en empêche, et si aucun préjugé invincible ne vient l’en détourner”(8). L’affinité entre croyants est ordonnée par Dieu.
C’est en cela que Louis Gardet en bon chrétien, aborde la question ainsi : ” l’Islam, certes est religion, et comme tel centré sur le Coran. Mais de par l’enseignement coranique lui-même, de par l’évolution et la constitution historiques du monde musulman, l’Islam est tout ensemble religion, communauté, culture, civilisation”. Si cette unité complexe de cet ensemble n’est pas comprise, utopiques seront les débats dogmatiques et éthiques. C’est sur le plan de la culture et de la civilisation que le dialogue doit s’engager. Cela a déjà été le cas sous l’âge d’or à Baghdâd au Xè siècle, au XIIè et XIIIè siècle en occident et de nos jours encore avec les Congrès Avicenne, et les éditions de grands textes classiques arabes, sur lesquels chrétiens et musulmans collaborent encore.
Pour un rapprochement, le musulman doit se reconnaître dans la vision de l’Islam qu’a le chrétien, et vis versa. Tout deux ont une vision objective de l’autre.
Le musulman, à quelques exceptions près, ne s’intéresse pas au syncrétisme. Si le chrétien attend du musulman une écoute bienveillante, il faut d’abord le mettre en confiance, dans un climat de respect mutuel et surtout de la compréhension. Il faut comprendre que le musulman considère Occidental et monde chrétien comme synonymes. Ils reprochent aux chrétiens leur passivité devant les nombreuses injustices de l’ère coloniale et surtout à l’Église d’avoir profité du colonialisme pour répandre son idéologie par des jugements contre l’Islam. Dans le même cas de figure, la passivité du pape face aux horreurs du nazisme est une aberration face au message évangélique de l’amour de son prochain. Les musulmans n’oublient pas c’est pourquoi, il est encore difficile pour lui de croire au désintéressement politique des chrétiens.
Il faut donc un effort pour le comprendre, une amitié pour la réconciliation et surtout de la délicatesse et de l’empathie. Ce sont là quelques préalables à dépasser. C’est une tâche d’amour et de paix parce que les exigences sont grandes. Seul un cœur pur et droit, de l’amour loyal et brûlant de la vérité, de l’amour désintéressé et évidemment de l’auto-critique sont les conditions de réussite. L’attitude réciproque pourrait se résumé en ceci : “tel ou tel est peut-être plus proche de Nôtres Seigneur, que je ne le suis, qu’en sais-je… Je n’ai pas la vérité, c’est la Vérité qui m’a.“
Sommes-nous prêts à relever ce défit ? Ou bien cèderons-nous aux idéologies racistes du choc des civilisations ou de la suprématie d’une Religion sur une autre ?
Biblio :
Louis Gardet, “L’Islam Religion et communauté” Desclée de Brouwer
Jacques Berque, LE CORAN, Essai de traduction, éd. revue et corrigée, Albin Michel, 1995
Janine et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l’islam, éd. PUF, 1996
Muhammad al-Bahiy, al-Fikr al-islami wa silatuhu bi l’-isti’mar al-gharbi (“La pensée musulmane moderne et ses rapports avec l’impérialisme occidental”), le Caire, 1960
Mohammad Shafiq et Mohammed Abu Nimer, INTERFAITH DIALOGUE A Guide for Muslims, éd. anglaise : The Internationnal Institute of Islamic Though (Traduction et résumé par Marika El haki)
http://monalika08.wordpress.com/2008/08/11/dialogue-interreligieux-un-guide-pour-les-musulmans/
notes de fin de page :
(1) : abu Hassan Al Ghazali : http://www.universalis.fr/encyclopedie/al-ghazali/
(2) : Constitution dogmatique Lumen gentium, chap. II, § 16.
(3) : abu Hassan al Ghazalî, al Radd al-jâmil p. 25
(4) : idem, p. 44 et p. 51
(5) : Etude de Louis Massignon, Le Christ dans les Évangiles selon al-Ghazâli, ap. Opéra Minora, Beyrouth 1063, t. III, pp. 523-534
Sur les attributs divins de la Trinité chrétienne, je vous renvoie au chapitre “Les attributs d’actes d’essence” sur mon site :
http://monalika08.wordpress.com/category/les-mutazilites/
(6) : Etude de Louis Massignon ibid, Appendice II, pp. 534-536 et références.
(7) : al Ghazalî, Faysal al-tafriqa bayn al-Islam wa l-zandaqa (“Principe de distinction entre l’Islam et l’impiété”)
(8) : Rashid Ridâ : 1865-1935, auteur et penseur musulman moderne, élève de Mohammed ‘Abdou (réf. ci-après) réformiste d’origine syrienne, il fonde la revue mensuelle al Manar (le Phare) qui faisait suite à la revue éphémère d’al Afghani et Mohammed ‘Abdou (ref. ci-après), de nombreux réformistes rejoindront le journal et constitueront le parti du Manar. Rashid Ridâ, s’il partageât certaine idées avec Mohammed ‘Abdou, il se préoccupât surtout de la politique. On est là dans les prémices de l’Islam politique moderne avec son Traité sur le Califat, révélateur de troubles qu’avaient causé la chute du Califat par la Turquie Kemaliste.
Mohammed ‘Abdou, disciple de Jamâl al-Dîn al-Afghâni, 1849-1905, Auteur égyptien moderne est le penseur considéré comme l’un, des principaux représentants du réformisme dont les idées exercèrent une influence considérable sur les divers aspects de ce mouvement au XXè siècle, la nahda que l’on traduit par “renouveau” ou “réveil” islamique. Il fonde, à Paris, avec son maître, Jamâl al Dîn al-Afghâni, un journal destiné à être publié dans les pays d’Orient. Ce journal fut interdit en Egypte et en Inde. Les publications ne durèrent que huit mois, le journal disparut à cause des autorités britaniques mais les éditions publiés eurent quand même un retentissement considérable dans le monde musulman. Le renouveau islamique (Nahda) s’est enclenché. La revue définissaient le programme de l‘islah ou de la réforme : i) la condamnation du fatalisme musulman et de la thèse hanbalite du déterminisme, ii) l’obligation de l’instruction et de l’éducation, iii) critique de l’ingérence européenne dans les pays musulmans, iv) critique du despotisme, v) prône le régime parlementaire et la science moderne. Muhammad ‘Abdou, comme son maître, défendra les libertés constitutionnelles. Nommé rédacteur gouvernemental par le khédive de son époque, il écrivit de nombreux articles incitant à la monogamie, et continuant à publier ses idées novateurs. Plus tard il traduira du persan, la fameuse Réfutation du matérialistes qui connue un grand succès au Proche-Orient.
(9) : locution d’un Arabe chrétien
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